Interview Takeshi OBATA

Trent
photo de Takeshi OBATA

Takeshi OBATA est l'un des dessinateurs du moment. Après un remarqué Hikaru No Go, il explose avec Death Note.

C'est au cours de la Japan Expo que s'est tenue une conférence de presse où les journalistes pouvaient poser (presque) toutes leurs questions. Mangagate y était et nous avons souhaité vous faire partager cette rencontre privilégiée avec Takeshi OBATA.

 

Presse : Bonjour Monsieur OBATA. Tout d’abord, pourriez vous nous en dire plus sur votre façon de travailler ? Lorsque vous recevez un scénario, comment s’organise votre travail avec vos assistants ?

Takeshi OBATA : Lorsque je reçois le scénario je le lis, puis je le divise en cases. Je dessine les personnages et leur univers, puis je transmets à mes assistants ce que je désire.

Presse : Quel est le timing entre le moment où vous avez le sujet, la documentation et la mise en page ? Combien de pages faites-vous par mois ?

Takeshi OBATA : Je dois faire 80 pages par mois. Le rythme de parution est hebdomadaire, donc je n’ai pas vraiment le temps de faire de la documentation. J’en fais uniquement après la réception du sujet.

Presse : Après des séries plutôt cérébrales (Death Note, Hikaru no Go), pensez-vous vous mettre à des séries d’action, type shonen ?

Takeshi OBATA : J’aime beaucoup lire les shonen, mais j’avoue que je préfère des séries calmes et posées.

Presse : Quels seraient les thèmes que vous voudriez aborder dans les années à venir ?

Takeshi OBATA : Je travaille actuellement sur une nouvelle série, donc il m’est difficile de me projeter sur autre chose.

Presse : Une nouvelle série ?

Takeshi OBATA : Oui… Le titre n’a pas encore été décidé, mais je peux vous dire que c’est un manga spécialisé sur un métier.

 

Presse : On l'attendra avec impatience ! Monsieur OBATA, au vu de votre succès, comment arrivez-vous à gérer votre vie de famille ?

Takeshi OBATA : Eh bien disons qu’elle est sacrifiée (sourire gêné). Mais je leur demande d’être compréhensifs, et ils m’accordent beaucoup de patience et de soutien.

Presse : Ils font des planches ?

Takeshi OBATA : (rires) Non, quand même pas.

Presse : Comment travaillez-vous avec votre éditeur ?

Takeshi OBATA : L’éditeur est un véritable acteur dans l’évolution de mes séries. Que ce soit le scénariste ou moi-même, nous avons souvent beaucoup d’idées, et c’est l’éditeur qui se charge de nous calmer et de canaliser les idées. Il sait quand nous dire stop (sourire).

 

Presse : Parlons de vos références, quels sont les auteurs qui ont influencé votre style graphique, ceux qui vous ont poussé à faire ce métier ?

Takeshi OBATA : Tout d’abord, je dirais Osamu Tezuka, mais aussi Go Nagai. Je me rappelle que je dessinais beaucoup Goldorak étant plus jeune ! De nos jours, il y a beaucoup de mangaka au Japon, alors je m’inspire un peu de tout le monde.

Presse : Que pensez-vous de la nouvelle génération de mangaka qui ont reçu votre influence ?

Takeshi OBATA : Je n’en ai pas forcément conscience, mais je pense que finalement c’est l’influence d’Osamu Tezuka qui se transmet au fur et à mesure (sourire).

Presse : Pensez-vous que la popularité de vos séries actuelles ou passées pourrait être un frein à votre créativité ?

Takeshi OBATA : Je travaille toujours dans une petite pièce, donc je ne me rends pas vraiment compte de la popularité de mes séries. Au contraire, cela m’aide à mieux représenter l’univers. Donc non, je ne pense pas que ce soit un  frein.

 

Presse : Lisez-vous des bandes dessinées franco-belge ? Y a-t-il un auteur que vous aimez particulièrement ?

Takeshi OBATA : J’apprécie beaucoup le travail d’Enki Bilal. J’envie beaucoup le mode de production de la BD. C’est une production de A à Z, comme un film ou bien un album de musique. On a donc l’impression de tout produire nous-même.

Presse : Pour revenir à l’univers que vous avez développé dans Death Note, qu’est-ce qui vous a inspiré le look des shinigamis ?

Takeshi OBATA : Je ne voulais pas dessiner conformément à l’image classique des shinigamis. Je voulais leur donner un aspect plus moderne, c’est pour cela que j’ai lu des magasines de modes actuelles et que je me suis inspiré du style gothique. Mais les idées viennent souvent lors de la 1ère lecture du scénario.

Presse : Que ressentez-vous par rapport à l’engouement pour Death Note en France ?

Takeshi OBATA : Je suis très surpris et très content à la fois, car le marché n’est pas évident. Mais je pense que le mystère des personnages et le suspens font le succès de cette série.

Presse : Dernière question, pourquoi refusez-vous les photos ?

Takeshi OBATA : Pour moi ce qui compte, c’est que mes dessins soient connus. Tout le reste n’a pas d’importance et je trouve les photos gênantes.

Presse : Merci monsieur OBATA d’avoir répondu à nos questions.

Takeshi OBATA : Merci à vous également.

 

Cette interview a été recueilli à l'occasion de Japan Expo 2008 le 03 July 2008